Arte - 21h00
Sous le soleil de Satan
[Drame] de Maurice Pialat
Origine : France
Durée : 1 heure 35 minutes
Sous-titrage malentendant (Antiope).
Stéréo
En 16:9
Musique : Henri Dutilleux
Avec : Gérard Depardieu (l'abbé Donissan), Sandrine Bonnaire (Mouchette), Alain Artur (le marquis de Cadignan), Yann Dedet (Gallet), Brigitte Legendre (la mère de Mouchette), Jean-Claude Bourlat (Malorthy), Jean-Christophe Bouvet (le vendeur de chevaux)
Le sujet
Une relation ambiguë entre un prêtre sur la voie de la sainteté et une adolescente meurtrière impunie, qui a tué son riche amant dont elle était enceinte.
Le doyen Menou-Segrais, qui a pris sous sa houlette l'abbé Donissan, vicaire dans un petit village de l'Artois, dont il pressent la sainteté, se voit dans l'obligation de le réprimander. Mortifications et flagellations excessives n'y font rien : le jeune prêtre montre trop d'orgueil à se châtier et à gagner les faveurs de Dieu. Par un baiser du démon, l'abbé devient visionnaire et capable ainsi de déchiffrer les pensées des humains. Dans la paroisse de Donissan, Mouchette, une belle jeune femme qui a pour amant le marquis de Cadignan, envisage de tout quitter pour lui. Lorsqu'elle annonce au marquis qu'elle est enceinte, celui-ci esquive ses responsabilités...


Notre avis
La critique
La commune fascination de Bernanos et de Pialat pour le mystère de l'Incarnation y guide l'avidité rédemptrice de l'abbé Donissan, confrontée dans la boue et le vent de l'hiver boulonnais à «l'effroyable monotonie du péché» et à «la tentation du désespoir». L'humanité fait ce qu'elle peut au «morne champ de bataille des instincts», sous les traits de la jeune fille indigne, Mouchette, humanité que Bruno Dumont peindra plus tard avec une égale compassion. Entre sèche clarté (Bergman, Bresson) et pâleur pastel (le Brisseau de «Céline»), la lumière, volontiers luthérienne, évoque, jusqu'à certaine scène, Dreyer et son «Ordet» cher à Pialat. Qui trop éclaire mal étreint : la curiosité dévore les inconsolés et la grâce les écrase, tout liseurs d'âme soient-ils, s'ils oublient qu'elle ne sauve pas seule. On pense à Mère Teresa, à la nuit qu'elle avoua être sienne pour n'avoir pas la foi - et à sa vie de sainte. A Simone Weil aussi : «Ne pas exercer tout le pouvoir dont on dispose, c'est supporter le vide. La grâce comble, mais elle ne peut entrer que là où il y a un vide pour la recevoir, et c'est elle qui fait ce vide. Vide : nuit obscure. Qui supporte un moment le vide, ou reçoit le pain surnaturel, ou tombe. Risque terrible, mais il faut le courir, et même un moment sans espérance. Mais il ne faut pas s'y jeter.»
















