France 2 - 20h55
Envoyé spécial
Présenté par : Françoise Joly
Durée : 2 heures 10 minutes
En 16:9
Le sujet
Au sommaire : «Le Red Bull en question». Présentation de cette boisson très prisée par les jeunes. - «Prisons : que se passe-t-il derrière les murs ?». Enquête sur les conditions de détention dans les prisons françaises et le décès de trois détenus de différentes maisons d'arrêt. - «PS à communiquer».
Au sommaire :
Un reportage de Véronique Blanc, Stéphane Guillemot et Frédéric Caperon. Après douze ans d'interdiction sur le territoire français, le Red Bull, boisson très prisée par les jeunes, a envahi les rayons des supermarchés.
Un reportage d'Agnès Vahramian et Stéphane Guillemot. Le dernier rapport du comité européen contre la torture met encore une fois l'accent sur les conditions de détention dans les prisons françaises : surpopulation, manque d'accès aux soins et violences entre détenus. Enquête sur le destin de trois détenus, Jérémy Martinez, 19 ans, Julien Khazzar, 16 ans, et Lucilia Semedo, 28 ans, décédés dans différentes maisons d'arrêt.
La critique
C'est donc en écho à cette actualité brûlante qu'«Envoyé spécial» diffuse un sujet, tourné au printemps dernier, sur le tragique destin de trois détenus. La journaliste Agnès Vahramian a enquêté, pendant quatre mois, sur les morts de Julien, Jérémy et Lucilia, tous les trois décédés en prison. Une enquête difficile à mener, dans un monde de silence. «L'administration pénitentiaire ne nous autorisait à filmer dans les murs qu'à la condition de leur faire visionner notre sujet avant diffusion. On a refusé», explique Agnès Vahramian. La journaliste, qui déplore la façon dont «la prison s'emmure en elle-même», constate : «Résultat, c'est un trou noir de l'information, alors que le débat devrait être porté haut et fort en place publique.» Riche en révélations sur chacune des trois affaires, son investigation lève un pan du voile et raconte, au travers des faits, la faillite du système carcéral : surpopulation, incarcération de lourds malades psychiatriques, indigence de la politique de prévention des suicides, difficulté d'accès aux soins pour les détenus... Julien avait 16 ans quand il s'est donné la mort. Il était incarcéré pour vols et actes de violence à l'EPM de Meyzieu (Rhône), premier établissement pénitentiaire pour mineurs, inauguré en mars 2007. D'abord confrontée à la «chape de plomb» qui entoure l'affaire, Agnès Vahramian découvre, au fil de son enquête, que l'adolescent avait fait plusieurs tentatives de suicide avant celle qui lui a été fatale. Après avoir essayé de se pendre à trois reprises en l'espace de quelques jours, Julien avait également mis le feu à sa cellule. Le 2 février dernier, on l'a retrouvé pendu à la grille d'aération de sa cellule. Depuis, le père de Julien a porté plainte. Pour l'avocat de la famille, l'administration pénitentiaire a voulu mater l'adolescent. Un des éducateurs du centre explique, pour sa part :«A ce moment-là, il y avait 52 jeunes à l'EPM, on venait d'ouvrir deux unités, l'institution était plus penchée sur l'organisation des services que sur les difficultés de tel ou tel jeune.» En écho à cet aveu de dysfonctionnement, le sujet divulgue le compte rendu d'une réunion explosive, après la mort de Julien, entre magistrats du tribunal de Lyon et éducateurs de l'EPM. Les premiers dénoncent avec force «une organisation défectueuse» de l'établissement et les «compétences professionnelles incertaines» des équipes... Jérémy, lui, avait 19 ans. Il a été retrouvé inanimé, le 4 mars, dans sa cellule, à la maison d'arrêt de Valence, aux côtés de son assassin présumé, son codétenu. Les demandes du jeune homme pour changer de cellule n'avaient pas été entendues. Et la note de service qui indiquait la dangerosité du codétenu s'est noyée dans les galères du quotidien (pendant cinq mois, la prison n'a pas eu de directeur !). Manque d'encadrement, surpopulation explosive, gestion difficile des malades psychiatriques... La prison de Valence accuse une bonne partie des symptômes d'un univers en crise dont Jérémy a été l'une des victimes. Autre visage figé à jamais dans la jeunesse, celui de la souriante Lucilia, morte à Fresnes, le 18 janvier dernier, après avoir agonisé huit heures durant sans recevoir de soins. Malade du sida, son état était pourtant connu. Et les surveillants ont bien signalé à l'infirmière les violents maux de tête dont la jeune femme se plaignait le jour de sa mort. Mais l'accès aux soins en prison relève bien souvent du parcours du combattant. Si l'enquête sur la mort de Lucilia a été classée sans suites, à Fresnes, on envisage de recruter une infirmière supplémentaire.
















